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Nous sommes le et nous fêtons:
  L'église Saint Lubin de Boullay-Thierry

Boullay-thierry-1 Depuis la disparition du cimetière du village, on discerne plus nettement, les différentes étapes de la construction de l'édifice

Le chevet arrondi et plus étroit parait remonter au XIIème siècle, tandis que la nef plus large avec ses-fenêtres à lancettes et ses contreforts en larmiers date au moins du Xème siècle:

L'écusson, en grès encore intact, placé au-dessus de la porte principale conforte l'opinion précédente car il rappelle le souvenir de la famille de Trie. Cet écu représente une bande simple en relief. Il est haut, peu en vue et sa position discrète a certainement contribué à sa conservation. Il n'en est pas de même pour les deux écus placés un peu plus bas au-dessus de chaque pilastre 'et qui sont martelés.

Philippe de Trie, seigneur du Boullay-Thierry de 1432 à 1487 est le dernier représentant de cette famille. On peut donc en déduire que la porte et le gros œuvre de l'église du même style remontent au moins à la fin du XVème siècle.

La forme et les dimensions de l'église sont classiques, mais on remarque avant d'y pénétrer, la tour, haute et massive, bâtie en maçonnerie de cailloux, avec angles et contreforts en grès. Elle est surmontée d'un dôme à la base duquel prend naissance une galerie extérieure formée de pilastres et d'arcades en briques. En 1887, la coupole est recouverte d'une couche de plomb, directement appliquée sur la pierre et destinée à éviter les infiltrations d'eau de pluie.

On accède à la balustrade par un petit escalier situé à l'intérieur de la petite tourelle adjacente. Une donation effectuée en 1688 nous donne la date et la raison de la construction de cette tour particulière : « Donation par dame Catherine Le Roux, veuve en leu messire Nicolas TousBoullay-thierry-2art, vivant secrétaire ordinaire de la chambre du Roy, à l'esglise et fabrique Saint-Lubin du Boullay-Thierry, de 300 livres tournois, pour paier l'œuvre qui a été entrepris de faire et fournir le dosme basty et construit sur la tour de laditte esglise, en place du clocher qui a esté emporté par la fouldre (345). » .

L'édifice, inachevé à la mort de Philippe de Trie, est pris en charge par Guillaume I de Pillavoine (entre 1489 et 1508) comme en témoignent les armoiries gravées au-dessus du maître-autel, sur la poutre d'où rayonnent celles de l'abside. Au milieu : simple écu écartelé au 1 et 4, un lion, au 2 et 3, une bande ; à droite : simple écu portant une bande debout, à gauche : simple écu portant un lion.

Le retable attire le regard par sa remarquable composition. Il est peint  de couleur grise et rehaussé d'or. II comporte trois parties dont celle du centre représente une vierge de l'Assomption. A droite, dans la niche, se tient Sainte-Barbe reconnaissable à la tour qui l'accompagne, tandis qu'à gauche se, trouve Saint-Lubin, patron de l'église. Ce retable est probablement dû aux libéralités de Jacques II Favier (1602-IG71) dont les armoiries de gueules à trois concombres supportées par deux lions étaient représentées en bas à gauche.

Dans le chœur de l'église, tout près du retable, figure une pierre tombale (2,11 X 1,04 m) encadrée d'un simple filet et surmontée d'armoiries aujourd'hui pratiquement effacées. Seul, le contour de l'écu est conservé. Cette pierre occupe la place réservée aux seigneurs.

Datant de la même époque, un fragment d'ancien compte de fabrique porte: « Vers l'an 1695, est mort âgé de 106 ans un jardinier du château, nommé Houlbrack. Il avait vécu dans le célibat et dans une extrême dévotion, assistait régulièrement aux offices et ne manquait jamais de faire sa prière du matin et du soir à l'église de ce lieu. On peut marquer comme anecdote notable que cet homme n'avait bu pendant toute sa vie qu'une fois la semaine, souvent même il passait trois semaines sans goûter aucune boisson. Lorsqu'il voulait boire, il mettait sur un réchaud dans une terrine un demi-setier de vin et trois demis-setier d'eau et lorsque cette boisson était plus que tiède, il l'avalait tout d'un trait. Il travailla jusqu'à la fin de sa vie excepté les six derniers mois où il.en fut empêché par la maladie qui l'enleva (346).

Deux chapelles ornent l'église. La première à droite près du maître-autel est dite « chapelle du château » tandis que la seconde est appelée des fonts baptismaux et se trouve près de la petite porte d'entrée. Elle est surmontée d'une niche dans laquelle se trouve une statue en pierre de la Vierge portant l'enfant Jésus.

Boullay-thierry-3Les vitraux de la chapelle du château, ornés des armoiries du marquis de Vougny-de-Boquestant (d'azur à l'aignel d'argent, surmonté d'un chef de gueules chargé de trois étoiles d'or), de la marquise de Boquestant née Santière (d'argent à la fasce de sable, accompagné de trois coquilles de même: 2 et 1), ainsi que des Pochet (d'azur à l'ancre et au caducée d'argent posés en sautoir surmontés d'une étoile de même) attestent que ceux-ci ont noblement suivi les traces de leurs prédécesseurs.

Le chemin de croix de l'église, dont une bonne partie est reléguée dans la chapelle du château doit son existence à une clause du testament de M. De Vougny de Boquestant qui annonçait faire donation à son décès des sommes avancées à la commune à condition qu'elles soient consacrées à la restauration de la couverture de l'église ou à l'achat d'ornements.

Les cloches de l'église sont changées à maintes reprises notamment en 1636, 1778 et 1805. En 1794, la croix ouvragée qui surmonte le clocher, symbole d'une puissance déchue est remplacée par un drapeau en fer blanc, figurant la Liberté:« Tout le fer pour la position dudit drapeau sera pris et fourni dans le temple de la Raison (56).»

On trouve encore dans l'église un banc d'œuvre dont le panneau de bois accolé au mur s'orne d'un tableau représentant un christ, un magnifique lutrin en bois surmonté d'un aigle et un christ en croix posé sur une des poutres du vaisseau de la nef.Enfin nous mettons sous les yeux du lecteur le compte rendu d'un vol avec, effraction commis dans la nuit du 4 au 5 juillet 1824 dans la commune du Boullay-Thierry :« Des voleurs se sont introduits dans l'église de cette commune; ils ont avec un levier de bois vert... fracturé la croisée de la chapelle de la Sainte Vierge dite des fonds, ont enlevé une barre de fer, arraché le grillage en fer qui y était pratiqué et de là se sont introduits dans l'intérieur de l'église. Ayant abordé le banc d'œuvre, ils en ont arraché les serrures, tiré les tiroirs qu'ils ont laissé sur le banc, pris et emporté le peu qu'il y avait, montant environ à cinquante centimes et ont laissé dans l'une des écuelles un liard; la visite observation faite de cette fracture, nous avons aperçu sur le banc le plus voisin, une pièce de cuir ressemblant au-dessous ou dedans d'une gibecière qui était façonnée par un emporte pièce et dont le haut parait avoir été coupé ou déchiré ou même arraché : elle est déposée à la mairie,»

 

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