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L'église Saint Lucien de Saint-Mucien
 Fondée au XIème siècle (on retrouve dès 1101- 1129, des noms de bienfaiteurs), l'église fut dédiée à Saint Lucien, disciple de Saint Clément, dont il reçut la prêtrise, et fut envoyé en Italie puis en Gaule. Passant par Arles, Saint Lucien gagna le Beauvaisis où il prêcha, avec ses compagnons Saint Denys, Saint Saturnin et Saint Quentin, et où il fut, avec eux, supplicié et décapité... « Que sa tête fut détachée, Lucien tomba à terre, fut enveloppé d'une grande lumière venant du ciel et on entendit une voix : le corps du saint se releva, saisit la tète entre ses mains, et la porta, en marchant, jusqu'à 3.000 du chemin, jusqu'au lieu où fut sa sépulture... »
On pénètre dans l'église par un porche précédant un portail Renaissance à double battant. Longue de 26 mètres sur 9 de large, l'église est voûtée en bar deau. A la croisée de chacune des travées se trouvent les écussons des anciens Seigneurs de Saint-Lucien. L'église est éclairée par trois fenêtres en ogive, sur son flanc Nord et une rosace en Est. A son chevet, on remarque un superbe retable du XVIII', qui encadre une imposante croix. Le Christ du XIIème, est celui qui se trouvait autrefois sur la croisée de la travée du choeur, en « Christ de Gloire ». II fut descendu et placé dans le choeur, lorsqu'il fallut déplacer l'autel pour officier selon le rite de Paul VI « face au peuple ».
A l'entrée de l'édifice, gravée dans le mur Sud, on remarque une inscription : Donation faite à la paroisse par Jean LEFEBVRE, Curé de la paroisse le 27 Septembre 1674. « ...Moi, soussigné, Jean Lefebvre, curé de cette paroisse, donne par testament... Arrêté en mon logis presbytéral le . 27 Septembre 1674 ».
Sur l'autel de la Sainte Vierge, sur le côté gauche de l'église, une Vierge à l'Enfant du XIIIème, qui fut primée à plusieurs expositions de beaux-arts à Chartres.
Sur le mur intérieur, tout autour de l'édifice, se trouve un bandeau noir de 1 m de large sur lequel sont peintes diverses figures, représentant les anciens seigneurs de Saint-Lucien - (impossible à distinguer aujourd'hui, à cause du badigeon qui recouvre les murs) il est encore apparent derrière le rétable du choeur. - Ce bandeau, c'est un « LITRE », ou ceinture funéraire dont l'usage remonte au XIIème siècle : ce droit de « litre » (10 pieds) appartenait au Seigneur-maître. Celle du Seigneur simple n'est que de 2 pieds. Le mot « Litre » vient de « Liturae » signifiant « rature », car après la mort du Seigneur, on noircissait la muraille en dedans et au dehors.
Dans le flanc Nord de l'église, une petite porte, qui donnait autrefois sur le cimetière entourant l'édifice.
Dans le clocher, placé sur le bord Ouest du toit, une cloche de 616 livres,bénite en 1832, remplace celle qui fut descendue en 1793 pour être emportéeà Dreux, le District, pour y être fondue. A cette époque Saint Lucien fut nommé « Lucien-les-Tables », lorsqu'on prescrivit de « ...faire disparaître ceux (les noms de lieux) qui pouvaient rappeler les souvenirs de « la royauté, de la féodalité ou de la superstition... ».
Sur le flanc Sud, on voit les ruines d'une tour à laquelle on accédait par un portail et un escalier de grès, elle fut détruite en 1846.
L'église de Saint-Lucien était la propriété de l'abbaye de Saint-Père. Drogon de Raizaux en la leur donnant, accorda aux moines de Saint Père la faculté d'établir un de leurs religieux à la Chaussée. La Chaussée est l'ancien nom de Saint-Lucien Calgetum en raison de son établissement sur la voie romaine allant de Dreux à Corbeil. Un moine s'établit alors à SAUGIS, près de la Chapelle. Les moines furent confirmés par Chartes de l'évêché de Chartres en 1121, puis par le Pape Honorius le 8 Mars 1127 et par Renaud, évêque de Chartres en 1215.
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