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Paroisse Sainte Jeanne de France en Vallée de l'Eure

1, rue du chemin neuf -BP 80058- 28210 Nogent-le-Roi
tél: 02 37 51 42 22 - Fax 02 37 51 47 66

Paroisse.stejeannedefrance@diocesechartres.com

Nous sommes le et nous fêtons:
  Pour les adultes/La recollection des mamans

        Mesdames, je ne sais pas si vous avez conscience de la situation délicate dans laquelle je me trouve ! Je dois « parler du silence ». Quelle incohérence ! Ne devrais-je pas mieux me taire, plutôt que risquer d’aligner des propos futiles, ou vains, ou même insipides ! En cet instant, mesdames, je suis saisi par la peur. Que vais-je pouvoir dire d’assez intelligent, d’assez aimable pour avoir l’audace de troubler le silence de cette retraite. Mais ce n’est pas tout, je dois m’adresser à des femmes, sous le mode de l’injonction et de l’impératif : Femmes, osez le silence ! Tâche ardue s’il en est !

Il semble que cela soit chose possible de s’adresser à des femmes de manière concrète, de leur parler de leur intériorité, de leur vie de prière, de leur rencontre avec Jésus, et cela sans se lancer dans des grandes considérations savantes, mais en partant de ce qu’elles sont, de ce qu’elles vivent, de ce qui fait leur génie propre.

         Le propos sera modeste, fondé sur le peu d’observations que j’ai pu faire de votre façon d’être avec le Christ.  Et puis, les femmes d’y a 2000 ans sont les mêmes que celles d’aujourd'hui. C’est pourquoi quelques visages de femmes de l’Évangile, celles qui ont rencontré le Christ dans son humanité, nous y aideront.

         L’objectif de cette petite récollection, c’est d’oser  faire silence, pour rencontrer le Christ dans son humanité, en tant que femme.

Le silence n’a de sens que parce que rempli de la présence divine, il n’a de raison d’être que parce qu’il est le lieu où Dieu parle, et sa seule parole, c’est le Christ.

         Jésus est vraiment un homme, il est l’homme à la perfection. Femmes, je vous encourage à rencontrer l’homme parfait, l’homme idéal, à le découvrir dans la richesse de son humanité. Pour être des femmes de prière, il faut que votre relation à Jésus soit incarnée !

         Jésus sait ce qu’est un cœur de femme, celui-ci n’a pas de mystère pour lui (à la différence peut-être de vos maris). Il a été élevé par Marie, la femme achevée, la femme dans la plénitude de sa grâce. C’est auprès de Marie que Jésus dans son humanité a appris la psychologie féminine, dans ce qu’elle a de plus équilibré, de plus épanoui. Marie est une femme silencieuse, elle parle si peu. Les femmes de l’évangile ne sont pas bavardes, sauf peut-être la samaritaine. Elles ne sont pas absentes non plus. Elles ont leur place. Et leur relative discrétion ne tient pas seulement au contexte, à la culture juive ou méditerranéenne. L’Évangile est inspiré, il nous révèle quelque chose du mystère de la femme dans le plan de Dieu.
         Ce petit topo ne se comprend qu’avec l’adoration qui va suivre, c’est un tout : d’abord éveiller l’imagination par certaines évocations de femmes à la rencontre du Christ, ensuite votre rendez-vous personnel, intime, unique avec le Christ dans son humanité.

         Merci d’avance de votre écoute miséricordieuse.

         Le fondateur de la communauté Saint Martin avait coutume de dire : « Tout le mystère de Dieu est dans le mystère du Christ, tout le mystère du Christ est dans le mystère de l’Eucharistie ». Tout est là. Dans l’Eucharistie, je communie au Christ, vrai Dieu et vrai homme. C’est sur l’aspect de l’humanité du Christ que je voudrais insister aujourd'hui. C’est elle qui est le sacrement de sa divinité. Sans contact avec l’humanité du Christ, il n’y a pas de rencontre avec sa divinité. Que veut dire pour vous, femmes, que le Christ est un homme ? Qu’y a-t-il de spécifique dans votre féminité qui puisse nourrir votre amour pour Jésus ? Quelle sera votre prière ? J’ai bien conscience de ne m’adresser qu’à des femmes mariées, mères de famille, et non pas à des religieuses, qui sont appelées épouses du Christ. Cependant, je ne crois pas que le mariage vous empêche d’appliquer à Jésus une part de la puissante vitalité qui vous habite. Comment orienter votre sensibilité, vos sentiments, votre générosité, votre affectivité, vers une connaissance et un amour toujours plus profonds de Jésus ?

Elle se donne enfin sans réserve à l’amour : Thérèse d’Avila

         Thérèse d’Avila est restée 25 ans au Carmel de l’Incarnation avant de s’abandonner totalement à l’amour de Dieu. C’est la rencontre de cette femme avec l’humanité souffrante du Christ qui a été décisive.

         Pendant 25 années, le désir travaille en elle comme un germe de blé enfoui dans la terre. En cette année 1554, à l’Incarnation, elle cherche le visage de Celui qu’elle désire obscurément, parce qu’il lui révélera son propre visage, ce qu’elle est en profondeur. Inconsciemment elle s’adresse au Dieu inconnu, « à celui qui sait que je le désire, parce qu’il est lui-même au cœur de ce désir ».

         « Je voyais bien que mon âme était captive, mais je ne parvenais pas à comprendre en quoi elle l’était. » Alors, il se passa quelque chose. Entrant dans l’oratoire du monastère, Thérèse aperçut la statue d’un « Christ très blessé » que l’on venait d’y déposer en vue d’une cérémonie. Son cœur s’emballa. Elle s’approcha. L’Homme était encore lié, il venait de subir le supplice du fouet. Son corps était couvert de sang et la souffrance crispait son visage, une détresse infinie.

         « En le voyant, je me sentis bouleversée, tant il me rappelait ce qu’il avait souffert pour nous. Une telle douleur s’empara de moi, en considérant combien j’avais mal répondu à l’amour que supposaient de telles plaies, que mon cœur se brisa. Je me prosternai en pleurant et le suppliai de me donner enfin la force de ne plus l’offenser. »

En instant, Thérèse était passée de la crainte à l’amour, cette crainte de la mort et de l’enfer qui avait empoisonnée sa jeunesse. Relevant son visage baigné de larmes, elle contempla son Sauveur. Elle crut voir ce visage douloureux s’animer et elle se donna sans réserve à l’Amour. « Je dis alors à Notre-Seigneur que je ne me relèverais pas de là avant qu’il ne m’ait exaucée. Il m’écouta. »

         Revenue dans le silence et la solitude de sa cellule, Thérèse transformée par le changement qui s’opérait en elle, se remit à l’oraison, pratiquement laissée de côté depuis 17 ans. « Je m’appliquai à me représenter le Christ au-dedans de moi. Je pensais que là, se trouvant seul et affligé, il devait, à cause même de sa détresse, m’accueillir auprès de lui. »

Elle se sentit aussitôt accueillie. « Soudain, le sentiment de la présence de Dieu ! Impossible de douter qu’il fût en moi ou que je fusse tout abîmée en lui. » Elle se rappela alors avec intensité la pécheresse repentie, Marie-Madeleine, baignant de ses larmes les pieds de Jésus, « accueillant son message et lui faisant l’hommage d’un cœur qui écoute ». « Il me semblait que mes larmes n’étaient pas à dédaigner. » Elle aima et admira cette femme qui avait su s’abandonner à Celui en qui elle avait reconnu la source même de la vie.

Femmes, osez aimer Jésus de tout votre cœur

         On le voit bien dans la conversion de Thérèse d’Avila, toute son activité sentimentale, autrefois dispersée, s’est focalisée sur Jésus. On entend souvent des femmes se plaindre de ne pas pouvoir témoigner de l’affection ou de ne pas en recevoir. Si la rencontre avec le Christ lui permet de déployer ses profondes capacités d’amour, la femme ressent un accroissement vital qui la détend ; son comportement devient alors l’expression d’une riche sentimentalité qui se concrétise jusque dans les moindres gestes. (Parfum, baisers, pleurs, service, embaumement, geste de toucher, prosternation, supplication, écoute attentive…)

         Plus une femme est féminine, plus elle porte en elle cette exigence d’aimer.

         Mais ces énergies sentimentales ne se réalisent pas en des courants massifs ; bien au contraire, elles se répartissent en doses infimes. Une telle modalité constitue la base même de la délicatesse des sentiments féminins.

         Plus les courants sentimentaux sont délicats, plus ils sont mobiles et multiples. Les moindres attraits et les plus petits heurts provoquent des variations, des déviations, des arrêts de l’activité psychique. Cette vitalité présente donc des courants qui, sans répit, s’harmonisent, s’entrechoquent, se croisent, se neutralisent, se renforcent.

         La femme est, en effet, riche en sentiments. Elle éprouve le besoin d’aider, de conseiller, de stimuler, de caresser, de chérir, de se méfier, de craindre, de haïr, d’espérer, d’aimer. De telles forces intérieures la rendent instable. Mais sous l’apparence d’une complexité inextricable et d’une mobilité déconcertante pour un homme, il y a une richesse vitale qui donne à la femme son irremplaçable valeur humaine. C’est en cet univers intime que se situe la réelle beauté féminine qui est une immense vitalité miroitant sous les rayons de l’amour.

         Quand une femme se livre à une activité qui ne comporte pas comme but immédiat une vitalité humaine qu’elle affectionne, elle essaie de s’accrocher à un être qui puisse provoquer en elle cette libération réactive. Elle travaille mieux lorsqu’elle aime son professeur ; elle est capable de s’enfermer dans un laboratoire pour collaborer avec son mari ; elle recherche l’amitié d’un collègue ou d’un patron pour se sentir soutenue. Si l’être qui l’estime ou l’aime disparaît, elle perd du goût pour ce qui semblait pourtant si bien en harmonie avec son tempérament ; elle trouve ternes ses anciennes occupations, à moins qu’elle ne rencontre une autre personne qui s’intéresse à son travail, s’entretienne avec elle et la stimule par son affection. C’est vrai aussi pour la prière.

La tendresse de Jésus

         De même que dans sa vie conjugale, l’épouse a besoin de la tendresse de son mari, si la tendresse humaine de Jésus ne pénètre pas sa psychologie, la femme mène une vie spirituelle sans intérêt, sans enthousiasme, parce que sans réactivité suffisante. Elle est alors obligée de se tendre (n’étant plus mue par l’affection), ce qui finit par la crisper, la durcir et la décourager. Sa tension continuelle diminue sa souplesse, sa délicatesse et sa tendresse féminines.

         En revanche, c’est dans un généreux don d’amour que la nature féminine réalise ses plus grandes capacités actives. Stimulée par la profonde affection du Christ, comme par celle de son entourage, la femme s’épanouit en maintenant son équilibre humain harmonieusement.

Les caractéristiques de la vitalité féminine orientent la femme vers une prière qui la mette en contact direct avec l’humanité du Christ, à l’image de Marie et des femmes de l’évangile.

Femmes, osez aimer Jésus avec toute votre sensibilité

         La femme veut aimer de tout son être afin de goûter la joie profonde de l’amour. Pour atteindre cette profondeur de vie, la femme accepte d’affronter des sensations de tendresse, de crainte, de jalousie, d’inquiétude. Cet univers intime est si riche que la femme ne trouve guère attrayante une atmosphère qui ne lui fournit pas de telles impressions.
         La sensibilité sentimentale de la femme est si fine qu’elle en exprime les moindres affections à travers ses paroles, ses gestes, ses attitudes. Sa physionomie, sa voix, son regard ont une mobilité qui révèlent les impressions les plus discrètes. Quand la femme n’est pas déviée par l’égoïsme, elle manifeste une très forte tendance à la sympathie. Elle est heureuse de sentir vivre une vitalité étrangère dont elle éprouve les mêmes émotions, les mêmes craintes, les mêmes haines, les mêmes espoirs. Elle cherche à faire partager ses ressentiments ou ses affections.

         La sensibilité de la femme s’approfondit au fur et à mesure que l’intensité de l’activité sentimentale s’accroît. La femme ressent alors en elle une plénitude d’amour. Ses joies se multiplient malgré les fatigues et les souffrances que suscite inévitablement tout don de soi. Bien plus, elle voudrait intensifier encore son affection en se sacrifiant pour ceux qu’elle aime. Toutes ses forces se libèrent alors dans une offrande : la femme se sent vivre. Elle est capable de dépasser les sensations désagréables ; elle ne se révolte pas devant une souffrance, comme le font les hommes ou les femmes sentimentalistes, mais elle se penche tendrement sur les misères pour les soulager.

         La sensibilité féminine n’atteint véritablement toute sa finesse et son équilibre que sous l’effet d’une générosité totale. Elle s’harmonise alors en s’approfondissant jusqu’au plus intime de cette nature humaine. Les sensations éprouvées deviennent plus riches, plus nuancées, plus variées. Les réactions sont plus douces et s’adaptent avec précision aux vitalités étrangères. La femme se montre par conséquent capable d’une réelle communion psychique avec tous ceux qui l’entourent. Elle peut alors vivre des joies intimes qui la conduisent au bonheur.

         Nous ne pouvons comprendre le comportement féminin dans son ensemble qu’en partant de la sensibilité. Chez une femme équilibrée, toutes les sensibilités s’harmonisent, en effet, en une synthèse dont la base est le sentiment.

         Dans l’évangile, la femme est toujours proche du corps, que ce soit celui du Christ ou celui d’un enfant malade. Marie s’occupe du corps Jésus dans sa maternité et jusqu’à la mort sur la Croix. La femme hémorroïsse touche la frange de son habit, Marthe le sert à table, Marie est assise à ses pieds, la femme pécheresse baigne ses pieds de larmes et de parfum, les saintes femmes embaument son cadavre…

La pécheresse pardonnée ou la quête féminine du réconfort

         Quand une femme souffre, elle se sent poussée à venir auprès de celui qu’elle aime; elle voudrait se blottir dans ses bras. La femme pécheresse affronte le regard des pharisiens et tout en pleur parfume et embrasse les pieds de Jésus, les essuyant de ses cheveux.  Les moindres marques de tendresse de la part du mari provoquent chez la femme un apaisement. Les baisers sont du baume qui adoucit la souffrance. L’épouse voudrait demeurer quelques instants tout près de celui qui est pour elle une oasis de repos et de paix.

         Très sensible à tout témoignage d’affection, la femme cherche à reprendre des forces. Pour cela, elle voudrait se fusionner avec l’être qui la fait vivre intensément. Ce contact psychique libère, chez elle, par réaction, d’abondantes énergies qui la rendent capable de poursuivre ses efforts.

         C’est en permettant à son épouse cette intimité que le mari lui donne la possibilité de récupérer des énergies. Réconfortée, la femme est alors prête à écouter les conseils, à mieux comprendre les causes de ses échecs, à recevoir des encouragements ; elle est alors disposée à reprendre la lutte.

Marie-Madeleine ou l’intuition féminine

         Lorsqu’on parcourt les récits de la reconnaissance de Jésus ressuscité par ses disciples, une chose frappe le lecteur. Alors que les pèlerins d’Emmaüs, les yeux aveuglés, ont besoin d’une longue explication des écritures et de la fraction du pain pour découvrir Jésus dans leur compagnon de route, il suffit à Marie-Madeleine de s’entendre appeler par son prénom pour le reconnaître, immédiatement

Marie-Madeleine fait preuve de toute son intuition féminine.

Qu’est-ce que l’intuition ?

         L’être humain voit, entend, goûte, touche ; il sent le chaud et le froid, le rude et le doux ; il éprouve des joies et des peines, ressent la haine et la sympathie. Si l’individu demeurait uniquement au niveau de ces impressions, il ne manifesterait dans son comportement que de simples réactions ; mais il va au-delà de ces pures sensations. Prenons un exemple : il perçoit au travers d’une masse constituée de lignes, de couleurs, de volume, une maison ; il a découvert un sens à ses impressions. Nous disons alors qu’il est un être sensé.

         Cette perception se réalise selon deux modalités différentes que je résumerai en intelligence intuitive et intelligence conceptuelle(plus masculine). Dans le cas qui nous intéresse, l’esprit est capable de maintenir indissolubles l’impression et le sens de l’impression. Nous avons là l’intelligence intuitive qui frôle en quelque sorte chaque sensation, en capte la signification, se laisse guider par de multiples indices en des directions où sa vision immédiate découvre des profondeurs insoupçonnées. L’intuitif, plus enclin à saisir la réalité dans sa totalité, voit et constate.

         Si nous désirons comprendre cette intelligence humaine, il faut tenir compte de la sensibilité féminine. Celle-ci est douée d’une impressionnabilité capable de recueillir les moindres nuances psychiques (Marie-Madeleine qui réagit spontanément). L’intelligence, à son tour, éclaire ces impressions et en perçoit les différentes significations. De ce fait, la femme jouit dans le monde des sentiments d’une clairvoyance qui déroute l’intelligence masculine. Elle saisit immédiatement la valeur sentimentale d’un regard, d’une parole, d’un silence. C’est comme cela que vous devez lire l’évangile et y pénétrer la personnalité, la psychologie du Christ !

         Grâce à sa délicate sensibilité éclairée par une vive intelligence, la femme devient capable de trouver au fond de la psychologie humaine l’explication d’un comportement particulier. Elle dirige sa vision jusque dans les moindres replis des vitalités pour y découvrir le sens précis d’une démarche, d’une attitude, d’une parole. Elle comprend l’être humain par l’intérieur.

         Par sa finesse d’intuition, la femme connaît les qualités, les vertus, les intentions, les ambitions, les défauts, les vices de ceux qui l’entourent. Elle sait avec un doigté précis combiner tous ces éléments psychiques pour parvenir au but qu’elle désire. Elle encourage l’un, décourage l’autre, compromet un adversaire, flatte pour obtenir une aide ; par tout un jeu d’influences psychiques, elle manœuvre parmi les pires difficultés humaines. Toute cette influence est silencieuse, incontrôlable, impalpable en grande partie pour la raison masculine. Mais la femme voit la femme (Marthe et Marie) ; elles s’épient mutuellement, découvrent leurs jeux réciproques, se tendent des pièges, serrent de plus en plus les mailles de leurs intrigues sous le couvert de politesse, de sourire et même d’indifférence.

         C’est en une vue globale que la femme saisit l’être humain. Elle ne le décompose pas en éléments qu’elle analyse séparément. En un coup d’œil qui défie la raison, elle saisit une vitalité concrète sous toutes ses faces : physiologique et psychique. Dès que le rythme vital d’un être change, elle s’inquiète ; son intelligence est mise en éveil ; l’épouse commence à se poser des questions en percevant chez son mari une légère diminution d’appétit, un repliement plus accentué, un petit air mystérieux dans sa conduite. La mère s’alarme des moindres modifications dans les réactions de son enfant : « Ce petit, s’interroge-t-elle, a quelque chose. » Le père la rassure en pensant qu’elle exagère quelque peu. Mais elle ne parvient pas à se laisser convaincre ; elle veut savoir pour se tranquilliser elle-même ou pour prendre les moyens utiles. Les médecins qui reconnaissent la valeur des infirmières féminines n’ont nullement honte de prendre en considération certaines intuitions de femme. Que de fois les malades doivent à une authentique intelligence féminine l’heureuse intervention d’un docteur!

Fusion de l’intelligence et de la sensibilité

         Il n’est donc pas étonnant de constater qu’une femme possède rarement une idée sans en avoir le sentiment correspondant. C’est la raison pour laquelle l’intelligence féminine est si humaine.

         Parce que cette intelligence et cette sensibilité se fusionnent dans cette nature en un tout indissoluble la femme vous apparaît profonde dans son intuition. En effet, il suffit qu’elle dise un mot, exprime une idée, livre une réflexion pour qu’immédiatement elle apporte une véritable consolation aux autres ; ce ne sont pas des phrases, des raisonnements, des conceptions qu’elle communique, mais une vitalité éclairée qui illumine et apaise. Par suite, avec quelle précision et cruauté psychiques elle peut meurtrir avec de simples remarques !

La samaritaine ou la vitalité de la pensée et de l’écoute

         Lorsque la femme veut pénétrer une pensée étrangère, comme celle du Christ, elle suit moins le raisonnement qu’elle n’observe la personne qui lui parle.
Mais l’observation décèle que la femme peut avoir très bien saisi toute la richesse d’une pensée sans pouvoir la traduire en un exposé ordonné. Il n’y a qu’à voir comment la Samaritaine comprend et retient ce que le Christ lui annonce des merveilles de la vie éternelle. Elle est touchée par sa sympathie et admire sa clairvoyance. Elle est très concrète dans  ses réactions et ses questions, cela frise le dialogue de sourd. Ce qu’elle trouve à dire à ceux de village à qui elle raconte sa rencontre, c’est : « il m’a dit tout ce que j’ai fait ! ». La théologie a disparu ! On comprend que les villageois lui disent ensuite que ce n’est plus à cause de ce qu’elle raconte qu’ils croient en Jésus, mais l’ayant entendu lui-même. C’est, en effet, par le biais de la vitalité qu’une femme atteint le mieux l’originalité d’une conception étrangère. De plus, l’aspect logique s’estompant pour faire place aux nuances n’est guère conservé dans cette mémoire. Se rappelant la silhouette de l’orateur, la femme peut retrouver la pensée qui lui fut exposée.

         Aussi a-t-elle besoin pour comprendre d’éprouver de la sympathie pour la personne qui désire lui donner quelques explications. Jésus réveille l’intuition de la samaritaine par sa sympathie. Si le conférencier possède une voix désagréable, des gestes énervants, un physique disgracieux, elle doit faire effort pour écouter. Si l’orateur lui est franchement antipathique, l’auditrice se replie sur elle-même, épie les moindres défauts dont elle se sert comme arguments. La plus rigoureuse logique ne peut la convaincre si l’intelligence féminine ne parvient pas à suivre la pensée d’autrui en elle-même ; l’antipathie brise précisément toute possibilité d’intuition.

La Cananéenne ou la volonté dans l’amour

         C’est bien la vie qui est le but de la volonté féminine ; la femme est immédiatement en possession d’elle-même lorsqu’elle est tendue vers un être cher ; elle déploie en ce domaine vivant une persévérance, un calme, un sang-froid qui étonnent. Il suffit de regarder avec quelle endurance une mère veille auprès d’un enfant malade ! Regardons la femme cananéenne qui vient supplier le Christ pour sa fille tourmentée par un démon. Jésus la met à l’épreuve, il teste sa volonté, et elle trouve la faille pour le convaincre de guérir sa fille. Elle le poursuit de ses cris, elle se prosterne devant lui, elle trouve les mots justes pour toucher son cœur, elle se compare aux petits chiens qui mangent les miettes sous la table de leur maître. Ce n’est qu’au moment où plus rien n’est possible que la femme s’effondre de chagrin ; mais tant qu’il existe un espoir, sa volonté ne se relâche pas. Dans cette perspective se situe le vrai courage féminin. Regardons aussi les saintes femmes suivre Jésus au pied de la Croix, assister à son supplice alors que les hommes prennent la fuite.

         La femme n’a pas besoin d’être convaincue pour vouloir ; elle a besoin d’aimer. L’affection est à la source même de la volonté féminine ; elle veut pour son mari parce qu’elle l’aime, elle veut pour ses enfants parce qu’elle les chérit… ; elle veut parfois tellement qu’elle utilise des moyens qui lui répugnent ; elle accepte de faire des démarches qui la révolteraient en temps ordinaire ; la mère n’hésite pas à tout sacrifier pour tenter de sauver son petit (la cananéenne et les miettes sous la table, Marie-Madeleine qui s’humilie en public, les femmes qui se prosternent devant Jésus); lorsqu’il est coupable, condamné, elle surmonte l’humiliation pour aller soutenir son enfant ; elle pense qu’il reviendra à de meilleurs sentiments. Car la volonté de la femme est essentiellement une volonté qui prolonge l’espérance en la vie au-delà des limites de la raison froide de l’homme.

Marie ou la femme souveraine

         Toutes ces caractéristiques contribuent à donner à la femme une immense possibilité d’influence.

         Comme l’indique le mot « influence », la femme s’insinue dans une vitalité étrangère pour lui faire subir des déviations qui l’amènent au but désiré. Elle jouit d’un grand pouvoir d’orienter une vitalité selon sa volonté. Elle sait éviter les réactions personnelles qui pourraient heurter ; elle attend avec patience le moment pour intervenir utilement, dire le mot qui porte. Souvenons-nous de Marie à Cana. Sa parole déclenche le ministère public de son Fils. Elle règne sur le cœur de son fils, comme sur celui des serviteurs, auxquels elle commande : « faîtes tout ce qu’il vous dira ». Avec un doigté invisible, la femme apaise, stimule, fortifie, dirige les sentiments des autres ; elle sape et brise les résistances psychiques. Avec une maîtrise sûre, elle harmonise, déséquilibre, annihile, fait dévier les vitalités humaines. Elle possède l’art de les éloigner ou de les attirer en provoquant des reculs ou des rapprochements calculés.

         Cette volonté est d’autant plus pénétrante et persuasive que l’affection lui livre l’intimité d’autrui. Par le cœur, la femme exerce sa plus forte influence. Ce n’est pas une position de suppliante, mais de souveraine qu’elle prend. C’est la façon qu’à la Vierge Marie d’être Reine. Son silence dans l’évangile révèle une présence de chaque instant. Elle est souveraine dans le cœur de son fils, dans celui des apôtres, des saintes femmes, parce qu’elle les aime, parce qu’elle est la femme dans sa perfection.

         En effet, une sensibilité délicate, une spontanéité généreuse, une intuition fine, une tendresse sans calcul provoquent peu à peu une détente psychique dans l’entourage. Les vitalités étrangères, ne se sentant ni violées ni heurtées, s’abandonnent lentement.

         Sans paraître dominer, la femme voit ses désirs se réaliser, parfois même au-delà de ses rêves. Son effacement et sa modestie sont alors les garanties indispensables au maintien de cette efficace intimité.

         Car la vie ne peut accepter en son intimité une intervention étrangère qui ne s’harmonise pas avec elle. Dès qu’elle éprouve le moindre heurt, elle ne peut que rejeter cette intrusion ; la femme perd alors de sa puissance de volonté pour n’avoir qu’une autorité extérieure. Jésus, par exemple, ne se laisse pas influencer par les pleureuses de Jérusalem, ou par Marthe qui se plaint que sa sœur la laisse faire le service seule. La volonté féminine est essentiellement une volonté d’intériorité et n’atteint son plein pouvoir qu’au moment où elle se fusionne avec la vitalité d’autrui.

         Alors son influence est sans limite. La femme s’introduit dans les moindres replis des psychologies étrangères qu’elle anime de sa volonté. Nous sommes parfois surpris de constater que la femme silencieuse est souvent celle qui possède la plus forte influence parmi les hommes ; l’épouse la plus effacée n’est pas la moins écoutée ; la mère la plus discrète n’est pas la moins obéie. Au contraire, la maîtresse exigeante, l’éducatrice criarde exercent très souvent une influence de courte durée. Leur autorité fondée sur la sensibilité flattée ou sur la crainte disparaît vite des psychologies violées dans leur intimité vitale.

         Jésus se laisse toucher par les pleurs des femmes, ses entrailles se serrent d’émotion devant leur douleur, à la manière d’une maman affligée par la souffrance de son enfant malade. Jésus pleure des pleurs de femmes. En ce sens, d’une certaine façon, la femme règne sur le cœur du Christ. Peu de femmes dans l’évangile voient leur demande repoussée par Jésus. Ce qui compte c’est leur foi, dans son expression féminine.

Jésus et les femmes ou l’époux très chaste

         « Tu vois cette femme ? » dit Jésus au sujet de la pécheresse (Lc 7, 36-50). Le regard révèle le cœur. « Quand ton œil est sain, ton corps tout entier est aussi dans la lumière » (Lc 11, 34). Le regard que les hommes posent sur la pécheresse révèle la convoitise ou l’indignation hypocrite ; ils la regardent pour la désirer furtivement ou pour la condamner. Le regard de Jésus pénètre jusqu’au fond de son cœur pour y découvrir et éveiller un secret de pureté ; cette femme a su aller jusqu’au bout de l’amour. Ses péchés sont consumés par son ardeur.

         Saisissons la densité humaine de cette rencontre. Jésus se laisse approcher, toucher, baiser par la pécheresse. Loin d’être scandalisé, il se montre profondément sensible à ce geste si féminin, il accueille simplement l’amour qu’elle lui témoigne. Il fait remarquer que les gens bien n’ont pas su lui offrir ces marques de considération…

         En Jean, la femme prise en flagrant délit d’adultère a été amenée à Jésus comme devant un juge, pour être condamnée. Jésus, d’un seul mot révèle l’impureté de cœur de ceux qui l’on amenée : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché jette la première pierre » (Jn 8, 7). La femme trouve un défenseur et le pardon. Jésus ne lui adresse que des paroles d’une grande douceur : « Mon non plus je ne te condamne pas : va et désormais ne pêche plus » (Jn 8, 11).

         Bien qu’il ait choisi de vivre célibataire avec des hommes pendant ses dernières années, Jésus se montre d’un parfait naturel avec les femmes. Toutes celles qu’il rencontre sur son chemin, il les accueille sans réticence et sans équivoque aucune. Sa liberté d’allure étonne même ses disciples, « qui furent étonnés de ce qu’il parlait avec une femme (la Samaritaine). Toutefois aucun ne dit : Que demandes-tu ? Ou : De quoi parles-tu avec elle ? » (Jn 4, 27). Il ne fuit pas les femmes pécheresses ; même, il donne en exemple les prostituées aux bien-pensants ! Il n’y a pas trace chez lui des réflexes parfois un peu misogynes de Paul. Il était lié d’amitié avec des femmes (Marthe et Marie, etc.), et les fréquentait. Il y avait aussi dans sa vie la présence profondément féminine de sa mère. Quand tous l’abandonnent, les femmes se trouvent encore au pied de la Croix. La femme est plus fidèle. Ressuscité, il continue d’appeler une femme par son nom de façon très personnelle : « Marie » (Jn 20, 16).

         Jésus se situe sans ambiguïtés comme homme devant la femme. Il montre aisance, équilibre, attention vierge de toute arrière-pensée et de toute convoitise. Il a un grand respect pour toutes ces femmes ; il les traite avec humanité ; il sait atteindre leur cœur et leur ouvrir le sien avec compréhension, sensibilité, sympathie, amitié.
         Cette liberté lui permet, sans mutilation de son être d’homme, de renoncer à l’union conjugale pour se consacrer au Royaume de Dieu, ce Royaume où « à la Résurrection, on ne prend ni femme ni mari ; mais où l’on est comme les anges dans le ciel » (Mt 22, 30). L’union sexuelle appartient au domaine des réalités provisoires, on peut, dans la foi, choisir de l’ignorer.

         « A l’époux d’avoir l’épouse » (Jn 3, 29). Et pourtant, Jésus est époux. L’époux est pour Israël le Dieu ardemment désireux de s’unit aux hommes dans la tendresse et la fidélité. Dans le Nouveau Testament, l’Epoux est Jésus en personne. Il prend à son compte toute la densité spirituelle de ce nom en le revêtant de toute la douceur et de toute la passion de son cœur d’homme, de son amour pour son Peuple, jusqu’au sacrifice de sa vie. Voilà la raison profonde de sa chasteté : un plus grand amour ; voilà le fondement de l’expression en termes nuptiaux de la relation entre le Christ et l’Eglise, et entre Jésus et l’âme qui vient donner amour pour amour.

Conclusion 

Mesdames, il est vital pour vous de prier comme vous êtes, c'est-à-dire comme des femmes, avec sensibilité et non pas sensiblerie, sentiments et non pas sentimentalisme, avec votre intuition, votre volonté d’aimer et d’être aimée. Approchez-vous du Christ homme. Étant l’homme en perfection, il révèlera et épanouira votre féminité dans ce qu’elle a de plus pur, de plus essentiel. Le Christ révèle la femme à elle-même. Laissez-vous transformer par cette relation amoureuse (n’ayons pas peur des mots), soyez des femmes d’intériorité. Pas des femmes cérébrales, pas des femmes curieuses, mais des femmes éprises de la Vie qui est le Christ lui-même.

Petite bibliographie

L’Évangile d’abord, dans sa traduction liturgique
Blaquière, Georgette, Femmes selon le cœur de Dieu, Saint-Paul, Paris, 1999
Blaquière, Georgette, La grâce d’être femme, Saint-Paul, Paris, 1981
Dollié, Hugues, Femmes aimez vos maris, Éditions de l’Emmanuel, Paris, 2005
Sahuc, Louis J.-M., Homme ET Femme, Bloud et Gay, Paris, 1960.
Antier, Jean-Jacques, Thérèse d’Avila, de la crainte à l’amour, Perrin, 2003
Devon, Alexandra, Les Tolstoï, journal intime, L’Entretemps, Collection Longitudes, Vic la Gardiole, 2006.
Un Chartreux, le bonheur d’être chaste, Presses de la Renaissance, Paris, 2004

Petit guide biblique pour l’adoration eucharistique

À la manière des femmes de l’évangile, dans le silence, j’ose approcher, adorer, aimer, toucher, servir, regarder, rencontrer, embrasser, Jésus présent dans l’Eucharistie avec son corps d’homme et son âme d’homme. Dans ce dessein, je n’hésite pas à m’imaginer la scène, à me mettre à la place de ces femmes qui le connurent et vécurent dans sa proximité physique.

  • Jn 8, 9 Jésus resta seul avec la femme en face de lui.
  • Lc 10, 38 Alors qu'il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Marthe avait une soeur nommée Marie qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
  • Jn 11, 20 Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison.
  • Jn 11, 28 Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, et lui dit tout bas : Le Maître est là, il t'appelle. Marie, dès qu'elle l'entendit, se leva aussitôt et partit rejoindre Jésus.
  • Mt 9, 20 Et voilà qu'une femme souffrant d'hémorragies depuis douze ans s'approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement.
  • Mc 5, 33 Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
  • Lc 7, 36-47 Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. (…) Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »
  • Jn 19, 25 Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la soeur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
  • Mt 27, 55-56 Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance : elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
  • Mt 27, 61 Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.
  • Mc 15, 47 Or, Marie Madeleine et Marie, mère de José, regardaient l'endroit où on l'avait mis. Lc 23, 55 Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé.
  • Mc 16, 1 Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus.
  • Jn 20, 11-18 Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus. Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit.

 

 

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